Transmettre l’invisible : le défi du savoir tacite dans les PME suisses

La transmission : un enjeu majeur

Dans une entreprise, tout ne s’écrit pas. Certaines compétences figurent dans des manuels, des procédures, des bases de données ou des cahiers des charges. D’autres se construisent lentement, au fil des années, par l’expérience, l’observation, les erreurs et les relations humaines. Ce savoir-là est plus difficile à saisir. Il est pourtant souvent déterminant pour la bonne marche d’une PME.

C’est le savoir tacite : celui que l’on possède sans toujours être capable de l’expliquer complètement.

Dans une entreprise industrielle, c’est le collaborateur expérimenté qui entend qu’une machine ne tourne pas tout à fait normalement avant même qu’un voyant ne s’allume. Dans un atelier, c’est le geste acquis après des milliers d’heures de pratique. Dans une société de services, c’est la connaissance fine d’un client : savoir quand insister, quand attendre, qui appeler et comment désamorcer une situation délicate. Chez un dirigeant de PME, ce sont parfois trente ans de relations avec des fournisseurs, des partenaires et des clients, ainsi qu’une multitude de décisions prises à partir d’intuitions forgées par l’expérience.

Lorsque ces personnes quittent l’entreprise, une partie de ce capital risque de partir avec elles.

Le temps devient alors un facteur stratégique

La transmission du savoir tacite ne peut pas être organisée quelques semaines avant un départ.

Elle nécessite une période de coexistence entre les générations.

Cela rejoint un constat plus général concernant les successions d’entreprises : elles demandent du temps, bien plus de temps que nous le pensons.

Cette anticipation ne concerne pas seulement les transmissions d’entreprise, elle concerne surtout les connaissances intrinsèques de l’entreprise liées aux collaborateurs.

Une PME peut par exemple se poser régulièrement une question très simple :

Si trois personnes clés quittaient l’entreprise demain, que perdrions-nous qu’aucun document ne permettrait de retrouver ?

Il peut s’agir de connaissances techniques, mais aussi de relations commerciales, de pratiques informelles, de raisonnements, de souvenirs de projets passés ou de la connaissance des erreurs qu’il ne faut surtout pas reproduire.

C’est un enjeu majeur qui touche toutes les entreprises, en particulier les PME. Ceci nécessite non seulement de l’anticiper mais aussi de l’organiser. Un œil externe va faciliter cette transition inéluctable, que nous la voulions ou non.

Alors autant AGIR.

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